La consommation de viande de chien n’a rien d’exotique ou de marginal pour certains pays. La Chine vient vite à l’esprit, mais elle est loin d’être la seule. Plusieurs nations asiatiques, pas toutes, loin s’en faut, pratiquent ce que l’on nomme la « cynophagie » : manger du chien, tout simplement. La
Malgré la polémique grandissante, la consommation de viande de chien, longtemps reléguée au rang de tabou par les sociétés occidentales, est parfois vantée pour ses prétendues vertus. Petit tour d’horizon d’une habitude culinaire qui reste vivace dans certains coins d’Asie.
Manger de la viande de chien : nécessité ou héritage ?
Pour la majorité des Occidentaux, cette pratique suscite malaise, voire rejet. Pourtant, la France elle-même a connu ses boucheries spécialisées il y a à peine un siècle. Aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd’hui, la cynophagie remonte jusqu’à l’Antiquité romaine.
À l’origine, ce recours à la viande de chien répondait à des périodes de disette. Lorsqu’il fallait survivre, chat et chien finissaient parfois dans la marmite, leur chair jugée moins noble que celle du bœuf ou du porc. Ce phénomène a pris de l’ampleur lors des grandes guerres, quand la faim dictait sa loi.
Dans une partie de l’Asie, la consommation de chien ne relève pas d’une urgence alimentaire. Il s’agit d’un usage culinaire transmis depuis des millénaires, une tradition bien ancrée. Aujourd’hui encore, la viande de chien s’achète sur les marchés et se retrouve à table sans que cela ne fasse sourciller. En Corée, la fondue de chien fait même figure de plat emblématique.
Non, les Chinois n’ont pas de haine envers les chiens
Depuis la France, il serait tentant de jeter un regard sévère et de conclure un peu trop vite que les Chinois détestent les chiens. Pourtant, un simple coup d’œil sur les sites spécialisés en dit long : de nombreuses races, comme le Shiba Inu, le Chow Chow ou le Shih Tzu, trouvent leur origine en Asie.
Ces chiens partagent un trait marquant : une fidélité sans faille, façonnée par des siècles à côtoyer l’humain. On les retrouve même dans certains monastères, compagnons discrets des moines.
La relation des Chinois au chien ressemble, dans une certaine mesure, à celle qui lie les Français au cheval. Pour beaucoup, c’est un compagnon précieux ; pour d’autres, un animal de travail, voire une source de nourriture.
La viande de chien en Asie, une palette de pratiques
La viande de chien reste particulièrement prisée dans les régions froides du nord de la Chine ou de Mongolie, mais elle ne s’arrête pas là.
Ce pan de la gastronomie s’étend à la Corée, au Vietnam, aux Philippines, au Laos ou encore au Myanmar. Au Cambodge, cette habitude n’a jamais pris racine, même si l’influence des pays voisins se fait sentir dans certaines zones frontalières.
Là où la viande de chien est consommée, chaque pays cultive ses propres recettes. Pour donner un aperçu :
- La fondue de chien se hisse au rang de plat signature, surtout en Corée.
- Ailleurs, on la prépare plutôt en soupe, accompagnée de légumes variés.
Il faut noter que tous les chiens ne finissent pas à l’abattoir. En Chine, seules certaines races de grande taille, comme le dalmatien, ou des chiens élevés spécifiquement à des fins alimentaires sont concernés.
À Taïwan, la législation est claire : la vente et la consommation de viande de chien et de chat sont strictement interdites. Les personnes qui élèvent ces animaux pour la table s’exposent à de lourdes sanctions.
La cynophagie, loin d’être un simple folklore, continue de susciter débats et crispations. Mais elle révèle aussi, en creux, la variété des cultures et des regards portés sur l’animal. Ce qui choque ici peut sembler ordinaire ailleurs. Demain, qui sait quelles pratiques alimentaires feront basculer nos propres certitudes ?

